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Et si on parlait de "La Fille de l'Ours"?


Publié en décembre 2018, ce roman aura bientôt 5 ans ! Cet anniversaire me donne l'occasion de revenir sur sa genèse...


J’ai reçu, il y a quelques temps déjà, ce message d’une lectrice rencontrée au salon de Dieppe:

"Je suis intriguée par le fait que vous vous soyez intéressée "aux nez percés " et que vous vous mouviez dans toute cette atmosphère poétique des nations premières avec aisance. Quel est le déclic ? Peut-on en savoir plus ? ...car quand je vois la biographie sur votre site… rien ne s'y rattache, si ce n'est "l'amour de la nature"... normande ! Merci pour ce bon moment passé, à lire " la fille de l'ours ". Joëlle

Je l’en remercie une nouvelle fois ici pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que je suis toujours heureuse d’avoir des retours de lecture, et puis parce que ce n’est pas la première fois qu’on me pose cette question et que je n’avais jamais pris le temps d’y répondre par écrit. En voilà l’occasion.

La Fille de l’Ours se passe après la ruée vers l’or, dans le Montana.

En voici la 4e de couverture :

Hiver 1895. Cet hiver-là, les bêtes sortirent des bois. Les bêtes et d’autres choses, bien plus inquiétantes encore. Au nord du Montana, non loin de la frontière canadienne, alors que le village de Little Creek, coupé du monde et oublié de tous, étouffe sous la neige, les quinze ans de Pierre se heurtent à une jeune indienne étrangement blonde, surgie de la forêt au milieu du blizzard. Près de vingt ans après la Longue Marche des indiens Nez-Perces, d’anciennes haines refont surface et les esprits des vieux guerriers viennent se mêler d’une vengeance, où surnaturel et chamanisme troublent le jeu des passions ordinaires.

Comme je l’ai déjà dit dans un texte consacré à Une saison oubliée, le déclencheur pour La Fille de l’Ours a été la première phrase, qui m’est venue un soir d’hiver alors que je traversais la campagne sous la neige en rentrant du travail, entre chien et loup : « Cet hiver-là, les bêtes sortirent des bois. » Il faut bien un début à tout. J’ai eu envie d’écrire sur l’hiver, mais un hiver fantastique par son exceptionnelle rigueur, un hiver comme un avertissement ou un châtiment, un hiver qui dans sa blancheur se ferait révélateur de toutes les noirceurs.

J’avais un modèle en tête, un des rares livres que j’ai lus et relus : Un roi sans divertissement de Jean Giono, dont l’action se situe dans les Alpes, durant les hivers de 1843 à 1848. Pour la démesure de la nature et des paysages, pour leur aspect sauvage, mon autre source d’inspiration furent les écrivains de l’ouest américain, que l’on a parfois regroupés sous le nom d’École du Montana ou École de Missoula. Ils peignent une nature sauvage, soit pour elle-même, soit pour y confronter leurs personnages et explorer l’âme humaine. Pami eux on peut citer Norman Maclean, auteur de La rivière du sixième jour, adapté au cinéma par Robert Redford sous le titre Et au milieu coule une rivière ; Richard Brautigan avec La pêche à la truite en Amérique ; et bien sûr mon préféré, Jim Harrison avec Légendes d’automne, prodigieux roman également adapté de manière somptueuse par Edward Zwick, avec Brad Pitt et Anthony Hopkins.

C’est pour cela que j’ai décidé que mon roman se passerait dans le Montana, sans savoir encore exactement quelle en serait l’histoire. Elle s’est construite peu à peu au fil des recherches que j’ai effectuées sur le Montana. J’ai beaucoup lu sur la ruée vers l’or, la vie des prospecteurs et des orpailleurs, leurs rêves et souvent leur misère. J’ai lu le récit de l’expédition de Lewis et Clark, qui à la demande du président Thomas Jefferson partirent de Saint-Louis pendant l’hiver 1803-1804 pour la première traversée terrestre du continent américain jusqu’à la côte ouest. Ils atteignirent finalement le Pacifique à Fort Clatsop, à l’embouchure de la Columbia River durant l’hiver 1805-1806. Si je vous parle de cette exploration, c’est que Lewis et Clark furent les premiers à entrer en contact avec le peuple des Nez Perces. Ce qu’ils disent de cette rencontre dans le journal de leur expédition m’a donné envie d’en savoir plus sur ce peuple, assez méconnu. Réunir la documentation nécessaire n’a pas été une mince affaire, très peu d’ouvrages sont publiés en France sur le sujet. J’ai dû me tourner vers les États-Unis et cela aura eu aussi le mérite de me faire réviser mon anglais…

J’ai été bouleversée par l’histoire des Nez Perces et de leur Longue Marche et c’est pour cela qu’ils sont devenus la base de La Fille de l’Ours. Ce n’est qu’après avoir écrit le roman que j’ai eu la chance de me rendre en pèlerinage sur les terres qui furent celles de Nez Perces. Un dernier mot pour rendre hommage à Mark Anthony Jacobson, l’artiste chamanique auteur du tableau que j’ai repris, avec son autorisation, pour ma couverture. Mark est né en 1972 au Canada, il est d’origine Ojibway et suédoise, il vit et travaille en Colombie britannique. Il a commencé à peindre à l’âge de treize ans et c’est aujourd’hui un artiste de premier plan, l’un des principaux représentants du Woodland Art. N’hésitez pas à aller sur internet voir ses autres œuvres, elles sont superbes.

L’hiver approche, un excellent moment pour découvrir La Fille de L’Ours !

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